Trois histoires simples

Voici racontées trois anecdotes vécues il n'y a pas si longtemps de cela, qui m'ont chacunes beaucoup appris.





Une guérison inattendue

Il y a maintenant 2 ans de cela, en 2006, je travaillais régulièrement avec mon ami et mentor; Pierre Lafleur, à la rénovation d'une maison située à St-Calixte, tout près du village de St-Hyppolite. Étant une personne assez dynamique et ne manquant pas d'entrain au travail, j'aimais beaucoup apprendre le métier et ce, surtout auprès d'un être aussi exceptionnel que l'est mon ami Pierre.

Cependant, malgré toute ma bonne volonté, il m'arrivait très très souvent de faire des erreurs de tous genres (tomber à moitié dans une cheminée, être “catapulté” lors du transport d'un patio, couper des lignes de téléphones ... etc.), suite à une sorte d'état d'insécurité quand à mes capacités manuelles, qui se traduisait par d'incessantes gaffes. L'on pourrait dire qu'à l'époque, et cela pour au moins une bonne année constante, j'étais disons, très distrait et ce, malgré mes meilleurs efforts pour combattre la tendance. Aussi, plusieurs de mes proches me reprochaient d'être très “gaffeux” et cela je m'en rendais bien compte ... me suggestionnait du même coup et me rendait la tâche de me libérer de cet état ... encore plus difficile !

Mais mon ami Pierre lui, riait de tout cela et me disait à la blague: “Ne t'en fais pas avec Gaston, c'est un bon gars !” en référence bien sur, au célèbre personnage de Gaston Lagaffe.

Je crois qu'il souhaitait ainsi me faire réaliser qu'à force de me contrarier intérieurement contre ma maladresse, et bien j'en augmentais en réalité la puissance. Il voulait me faire voir, que je n'avais rien à me reprocher; que ces gaffes étant simplement reliées à un manque de confiance mélangé à un très grand enthousiasme et souhait de bien faire. Et il en riait de bon coeur. Ainsi, il venait souligner le bien en moi, et me donnait quelque chose à partir duquel me bâtir de la confiance.

Tout ceci m'aidait bien sur, mais l'on peut dire que ce qui me guérit vraiment survint dans les derniers temps ou nous travaillâmes ensemble à ce projet de rénovation. Après une bonne fin de semaine de travail bien remplie, nous étions arrêtés moi et Pierre à une station d'essence avec service située tout juste au coin de la rue ou j'habitais alors. Nous avions fait le chemin de retour dans son véhicule, et j'avais été le conducteur. J'allais donc sortir du véhicule pendant que le commis au service fesait le plein d'essence, et un peu distrait comme à l'habitude, j'avais laissé le moteur fonctionner. Jusque là, pas si pire.

Là ou les choses se sont compliqueés ... c'était lors de la salutation. En effet, j'étais tellement reconnaissant de la conversation que nous avions eu sur le chemin du retour (celle-ci traitait de conscience christique, de belles anecdotes qu'il avait vécu auprès de la fraternité de son maître spirituel, etc) que je m'étais tellement concentré sur notre poignée de main, sur toute la bonne énergie et la gratitude que je souhaitais pouvoir lui communiquer, que j'en avais oublié que le véhicule, toujours en marche je vous le rappelle, n'était pas sur “park” mais bien encore sur “drive”, avec mon pied sur le frein.
Et bien croyez-le ou non, après cette poignée de main, je suis sorti du véhicule et celui-ci s'est mis à avancer tout seul ... toujours pendant que le plein d'essence était en cours !

Vouz auriez du voir le visage du pompiste !!!

Il était furieux le pauvre, et avec raison ! (je ris en écrivant ces lignes) Et moi qui venait de réaliser ce qui se produisait en entendant les cris du pompiste, je resautai immédiatement dans la voiture pour peser sur le frein et éteindre le moteur cette fois-ci. Nerveusement, je relevai la tête vers mon ami Pierre, et n'aurais jamais pu deviner ce qui m'attendait alors; un regard. Oui, un regard d'un telle compréhension, d'une telle compassion, d'un tel humour même ... que jamais je ne pourrai l'oublier. Tout son visage rayonnait.

Malgré la bêtise énorme qui venait de se produire; il n'avait aucun jugement à mon égard.

Il venait de presque mourir dans une explosion de voiture par ma faute, et, parfaitement calme, il me souriait. Il n'avait jamais eu peur pour sa vie, il n'avait jamais été fâché contre moi, tout ce qu'il avait vu en moi, c'était la belle intention que j'avais eu lorsque je l'ai salué. Je venais de rencontrer un être qui avait su lire bien au delà des apparences; au coeur des êtres et des choses, et qui m'avait communiquer toute la valeur que j'avais à ses yeux.

Après cet instant, j'étais guéri.
Et plus jamais je ne me suis senti coupable d'être maladroit parfois; cela venait tout simplement de mon bon coeur.









Une réaction surprenante

Toujours en 2006, outre de travailler les fins de semaines dans la rénovation, l'emploi régulier que j'occupais était celui d'aide en alimentation dans un chsld (centre hospitalier de soin longue durée) à Montréal. Grossomodo, ce travail consistait à faire tout ce que le cuisinier ne fesait pas, c'est à dire; laver la vaisselle et distribuer la nourriture.

Lorsque le temps des repas venait, la douzaine d'employés que nous étions se rassemblaient autour d'une courroie (une sorte de tapis roulant automatique d'environ une quinzaine de pieds, sur lequel avancaient les cabarets à remplir de nourriture), chacun occupant un poste de distribution désigné (légumes, désserts, vérification, etc). Maintenant, la chose importante à savoir dans cette histoire, était qu'il n'était pas toujours facile pour tous de travailler à la cuisine car bien ... certains y travaillaient depuis un peu trop longtemps je crois.

Je me dois de préciser ici que pour ma part, je n'ai que des bons souvenirs de toutes mes interactions avec les gens là-bas. Et vraiment, tous étaient très sympathiques avec moi, d'autant plus que je n'y travaillais que l'été et pour 6 mois après la fin de mes études, et que je crois que ma présence, tout comme celle de tous les jeunes en remplacement l'été, amenait une bonne bouffée d'air frais aux gens qui parfois, se cotoyait autour du même travail à la chaine depuis plus de trente ans. Ainsi, il arrivait parfois que durant le jour, des chicanes comico-tragiques éclatent ... celles-ci étant certes le résultat d'un travail répétitif et banal, mais aussi il faut l'admettre, d'une trop grande compétivité pour rien parmi les plus anciens.

Alors donc, comme je disais, il n'était pas facile pour certains de travailler à la cuisine, et tel était le cas (même ci cela était invraisemblable et incomprenable pour moi) de mon ami Marianno; définitivement l'un des plus grand bouffon et des plus grand mystique que j'ai rencontré en ma jeune vie ! Un personnage extrêment sympathique. Vraiment, son audace, son sourire, son humour incomparable, ses propos extraordinaires, sa bonne et puissante énergie, sa dédication incomparable à amener les gens plus près d'un idéal spirituel; tout cela était absolument phénoménal chez lui. Il débordait de bonnes qualités et lorsqu'il était présent à la cuisine, tous riaient ... ou se choquaient ! Car il n'hésitait jamais à dire ses quatres vérités à quelqu'un s'il jugeait par là que cela aiderait la personne à évoluer. À ceux qui étaient prêt à l'entendre, il racontait les expériences spirituelles qu'il vivait lorsqu'il se dédoublait la nuit, pour aller visiter consciement d'autres mondes (expérience communément appelée "voyage astral"). Pour qu'un être recoive de telle grâces du Ciel, il doit les avoir méritées, et Marianno se donnait sans cesse.

L'on aurait dit parfois, un Saint portugais de jadis, qui avait ces excès, certes, mais qui devait certainement être l'un des préférés du Ciel. Du moins, c'était un ami extraordinaire pour moi et jamais je n'ai rie autant qu'en sa compagnie. Cela vous donne une idée du personnage : )

Et bien surement à cause de son audace, de la liberté qu'il prenait de parler de choses spirituelles, (habituellement considérées comme étant presque taboo dans notre monde matérialiste), certains des anciens et anciennes surtout, n'hésitaient pas à lui lancer des reproches, des attaques verbales. Agissant ainsi, celles-ci voulaient peut-être instinctivement et sans même s'en rendre compte, garder leur rôle en tant que “grosse personnalité” de la place, mais le fait reste tout de même, qu'elles tentaient sans cesse de diminuer un être qui ne le méritait pas du tout.

Et bien une bonne fois, je m'en rappellerai toujours, Marianno qui occupait une place à l'avant de la courroie, recevait des commentaires bien bizarres de la part d'une ancienne employée qui était mal intentionnée cette fois-là, je vous l'assure. Patient au début, il ne disait rien et était même, le connaissant bien ... inexplicablement tranquille.

Puis, il lui lanca les paroles suivantes d'un bout à l'autre de la courroie avec son accent portugais, tout en continuant de travailler:

“Pourquoi tu me lances tant d'amour là?”
“C'est quoi l'affaire là là?”

Disant ceci, il n'était pas sarcastique. Il pointait au fait qu'elle lui envoyait une sorte d'amour déguisé ... ce qui était vrai en quelque sorte dans le sens ou pour un mystique ... même les insultes sont parfois percues comme étant de l'amour ... puisqu'elles nous font évoluer en ayant à les transformer. Puis il se tût. Bien évidemment, l'employée en question, qui devait avoir au moins une vingtaine d'année de plus que Marianno répondit qu'il ne s'agissait pas là d'amour et elle continua à le bombarder de paroles mesquines, il faut l'admettre.

J'étais moi aussi attitré à la courroie ce jour là, et placé exactement au milieu de celle-ci. J'ai donc eu une superbe vue de ce qui se déroula par la suite, et qui constitue le “punch” de cette histoire.

Après avoir reçu patiement les insultes de cette dame pendant un certain laps de temps, Marianno, un être qui est comme je vous l'ai dit; extrêmement dynamique et imprévisible en quelque sorte, mais toujours bon, lâcha complètement son poste de travail à la courroie et se mit à courir comme une flèche vers l'ancienne employée. Elle était à la toute fin de la courroie, et il courait vers elle en marmonnant quelque chose d'inaudible du style:

“Ah bien toi là, ma maudite!”

Observant la course de mon ami avec les yeux grands comme des billes, je me demandais vraiment ce qui allait se passer puis ...

Puis je vis tout simplement le bon vieux Marianno arriver auprès d'elle ... et l'embrasser sur la joue d'un énorme bec mouillé !!! Tout le monde riait. La dame elle même était devenue rouge comme une tomate, et les blagues affluaient à son égard. La situation venait d'être complètement renversée.

Jamais je n'avais vu une canalisation d'énergies aussi efficace ! : )












Une répercussion prévisible

En 2001 environ, par une journée de début de printemps, je me promenais avec celle que j'appelle; "ma tante", une dame bien gentille qui, suite à la maladie de ma mère, pris soin de moi et de mon frère pendant dix bonnes années.

Maintenant, bien que très gentille et digne d'une Sainte pour s'être sacrifié si souvent dans sa vie, cette tante en question avait la fâcheuse habitude (elle s'en défait peu à peu maintenant), d'être vraiment exagérament pessimiste. Et bien je crois que cette journée là, l'univers voulait lui donner une leçon.

Nous marchions ensemble dans un nouveau quartier pour y faire quelques petites comissions, et bien que je ne me rappelle plus exactement pourquoi, son humeur était catastrophique. Toujours pour une raison qui échappe à ma mémoire, elle avait exprimée tout haut et très fort, me gênant d'ailleurs par le fait même, les mots suivants: “Curse you life!” (ce qui veut à peu près dire "maudite soit la vie").

Comme elle prononcait cette malédiction (et c'était presque comique tant ces paroles étaient exagérées, cela je m'en rappelle!), une auto qui roulait à toute vitesse passa sur un énorme trou d'eau, comme ils se forment sur les routes au début de chaque printemps, et arrosa complètement ma tante dans son grand manteau noir. Puis, elle releva le poing et prononca encore plus fort cette fois-là: “Curse you life !!!”.

Et bien croyez le ou non, à cet instant précis même, une seconde auto passa exactement dans le même trou d'eau, et l'aspergea complètement, de la tête au pieds, elle qui n'avait pas bougée d'un poil.

Je crois que cette journée là, bien qu'elle ne m'en fît jamais mention, elle apprit qu'il faut toujours faire attention aux paroles que nous prononçons ... car la Vie écoute, et elle nous répond bien souvent tel un écho ! : )




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